mercredi 1 novembre 2006
Les doutes d'Irène...
Après avoir refusé de s'attarder sur un corps désormais sans vie, redoutant une réaction émotive difficilement maîtrisable, Irène sentit soudain ses jambes trembler, des frissons parcourir tout son corps. Revenant sur les clichés qu'elle détaillait déjà depuis quelques instants, elle fixa avec plus d'attention les traits de l'homme sur la photo. Son nez, sa bouche, ses sourcils épais et broussailleux... Si le visage paraissait bien être de près celui de l'homme qu'elle avait connu et aimé caresser, en revanche quelque chose la dérangeait qui l'empêchait d'admettre qu'il s'agissait de Paul. Quelque chose qu'elle ne parvenait pas à définir... Comme si, finalement, lors des prises de vues on s'était escrimé à assembler deux entités : d'un côté un visage et de l'autre un corps ! En commettant au passage quelques erreurs d'appréciation manifestes. Des erreurs qu'elle n'avait tout d'abord pas décelé lors de la reproduction des clichés à la une des principaux médias locaux et qui, là... Non, c'était impossible, ils ne pouvaient pas avoir fait ça !... Mais si c'était le cas, à quoi ressemblait cette mascarade ? Et qu'essayait-on de lui faire croire ? Qu'essayait-on de lui faire gober ? Une disparition, alors que ce n'était pas le cas ?... Troublée, elle tenta de reprendre ses esprits. Etait-ce une conséquence de l'état de lassitude dans lequel elle se trouvait qui était à l'origine de ses hésitations quant au fait de reconnaître ou de ne pas reconnaître l'homme sur les photos et de vouloir à tout prix se fabriquer un mauvais scénario auquel elle ne serait que la seule à croire ?... Cela impliquait tellement de choses... Si les flics s'étaient escrimés à fabriquer un cadavre sur mesure, c'est qu'ils avaient forcément quelque chose d'autre en tête, que cette mise en scène était destinée à un usage discutable, voire qu'on cherchait, qui sait, à la tester, à provoquer une réaction de sa part... Et sans doute aussi à lui cacher que Paul n'était pas mort... (Extrait chap. 7)
Les flics, seraient-ils capables du pire ? A Bressoire, en tout cas, rien d'autre ne va compter que la recherche de la vérité. Et dans un tel climat, les négations... La belle Irène dont personne ne sait réellement qui elle est, ni d'où elle vient, ne sera pas la dernière à avoir des doutes sur l'honnêteté des enquêteurs. Avant d'entretenir une liaison avec l'héritier Daunat, elle avait vécu une relation passionnelle avec le Gérant de Priméditions : Paul Londaud et elle semble encore ébranlée à l'idée d'avoir perdu un homme tel que son ancien amant...
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