Négations

Sur fond d'obsession, un polar qui se veut être un constat réellement noir des penchants de l'homme

mercredi 20 décembre 2006

Irène, l'obsession faite femme...

Les minutes s’égrenèrent... Comme d’autres l’avaient été, la soirée que vivait Paul promettait d’être longue, longue, trop longue, bien trop longue...
De plus en plus désemparé, tourmenté et inquiet, un souvenir chassant l’autre, il repensa à Irène, l’obsession faite femme. L’idée qu’ils aient pu ainsi s’affronter à propos de cette histoire et de ce qu’elle avait voulu lui confier, lui était toujours autant insupportable. Après plusieurs semaines passées loin de lui et de tout ce qui les avait unis, elle s’était soudain rappelée à son souvenir en lui adressant un mail que, curieusement, rien ne motivait. Ni l’envie de brusquement le revoir — même si elle était partie sur un coup de tête répondant à une invite de ce trou-du-cul de Laurent — ni celle, sûrement, d’évoquer une fois de plus leur divergence. Mais bon sang, comment avait-elle pu croire que ses sentiments pour elle avaient changé à ce point et qu’il en aimait une autre ?
Il en convenait cependant avec beaucoup de regrets, Irène était une femme difficile à oublier. Comment, du reste, aurait-il pu oublier ce qui leur permettait à l’un comme à l’autre de relativiser toutes les vacheries vécues alors ? Elle était tellement ardente. Tellement ardente et tellement tout. Secrète aussi, difficile à déchiffrer et à comprendre. Combien de fois s’était-il demandé si elle ne portait pas en elle le poids de quelque difficulté à exorciser expliquant ces sautes d’humeur et parfois les nombreux cauchemars qui la laissaient pantelante et en sueur au beau milieu de la nuit ? Combien de fois y en avait-il eu dont il avait été le témoin. Surtout les derniers temps avant qu’elle lui révèle ce qui la tourmentait… et qu’il réagisse. Mal. Car, il l’admettait à présent, il avait mal réagi.
Eprouvant l’envie de revenir sur leur rencontre, il se versa une deuxième rasade de whisky. Un soudain sursaut l’amena à attribuer les mérites de celui-ci à son breuvage. Aurait-il possédé des vertus trop souvent ignorées ? Malgré tout ce qu’il venait de subir, il revit la ligne, l’élancement de la silhouette, ainsi que la chute callipyge de reins de son ancienne maîtresse, regrettant leur querelle et son départ. Un départ que cette autre femme à l’origine de leur brouille et vue épisodiquement ne parvenait pas à remplacer.
Il sentit soudain une érection. Rien qu’en repensant à elle, rien qu’en revoyant son arrière-train et ses tenues suggestives qui le mettaient en valeur il bandait. C’est simple, dès qu’il l’avait vue ce matin-là, il avait eu envie d’elle et envie. Envie à en perdre la raison. Un cul, mais un cul !… Elle aurait allumé des incendies dans une piscine ! Et à l’évidence, il la désirait toujours autant. Au point de ne pouvoir s’empêcher de revoir le film de ce qu’avaient été les premiers instants de leur rencontre... Avant de sortir de son existence après avoir tenté de s’épancher d’un lourd secret, il aimait à se souvenir de quelle façon surprenante elle y était entrée. Un beau jour, à l’arrêt d’un bus, alors qu’il vaquait à d’autres occupations sans y trouver le piment recherché... (Extrait de l'ouvrage. Chapitre 4)

Posté par PRUSCIAT à 10:47 - Polar - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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