Négations

Sur fond d'obsession, un polar qui se veut être un constat réellement noir des penchants de l'homme

jeudi 28 décembre 2006

La belle Irène est prête à tout...

Irène Debrun s’était agitée sur son fauteuil, révélant au Juge des dessous vertigineux qui lui seyaient à ravir et, cette fois-ci, l’amorce de l’attache d’un porte-jaretelles décidé à ne rien rater de leur entrevue. Romain Prédaud desserra le nœud de sa cravate et, tout en déboutonnant le col de sa chemise, se donna un peu d’air. Il avait vu juste : c’était une garce, une garce redoutable, mais une très belle garce. L’une de ces garces pour lesquelles les hommes feraient n’importe quoi. Une garce que n’importe quel mâle aurait pu avoir envie de peloter et de sauter. Séance tenante. Il aurait d’ailleurs fallu être un surhomme pour ne pas succomber à un tel piège de charme. Et elle n’en était pas dupe. Le magistrat détailla une fois encore son corps, ses hanches provocantes, s’attardant sur des cuisses fermes qu’elle avait décidé de montrer à la terre entière. Elle était magnifique et il l’imagina offerte dans le plus simple appareil. Cela le fit bander et en aurait fait bander quelques autres. Heureusement qu’il s’était épargné une confrontation de la belle Irène avec son délateur, le beau Mario Campobassa ! Il y aurait eu le feu au cabinet ! Un nouveau sourire apparut sur le visage de son interlocutrice, celui d’un ange prit en faute, qui troubla une fois de plus Romain Prédaud soucieux d’endiguer une offensive, celle d’une femme à présent plus sûre de ses atouts et de son bon droit et prête, semble-t-il, à tout pour entortiller les enquêteurs et le magistrat qu’il avait pu jusqu’alors rester. Putain de métier, jura-t-il intérieurement.

— Si vous voulez bien Madame, revenons à l’enquête et aux nombreuses questions que je me pose encore au sujet des uns et des autres... Pourrais-je vous demander s’il vous arrive parfois de porter personnellement une perruque ?

Irène se figea quelque peu à l’énoncé de la question. Où voulait en venir le magistrat et quel rapport cela pouvait-il avoir avec le fait d’avoir refusé d’identifier un corps ?

— Une perruque ? Mais oui bien sûr Monsieur le Juge, bafouilla-t-elle étonnée de la demande. Il m’est arrivée d’en porter. Encore que je ne vois pas en quoi cela pourrait être ici intéressant.

— Ca l’est intéressant, Madame, ça l’est… Croyez-moi ! Cela expliquerait même qu’on ait retrouvé au domicile de la victime ce qui a pu être identifié comme pouvant provenir d’un substitut capillaire. Eh oui, que voulez-vous, aujourd’hui nous avons effectivement des moyens avec tous les fichiers dont disposent les enquêteurs, tant la Police que les services de Gendarmerie. Ils nous permettent de procéder à des relevés d’indices particulièrement fiables ce qui nous aide considérablement dans les enquêtes que nous sommes amenés à mener afin de pouvoir appréhender les individus suspectés. Même s’il m’arrive de pester contre le manque de rapidité qui nous est parfois préjudiciable lorsqu’il s’agit de se livrer à des définitions d’ADN et d’en garnir nos fichiers pour pallier toute récidive.

— Remarquez il n’y aurait rien d’étonnant à ce que vous ayez retrouvé une trace de mon passage, rétorqua la jeune femme plus nerveusement. Je vivais encore avec Paul, enfin je veux dire avec Monsieur Londaud, il y a un peu plus d’un mois boulevard Carnot. J’ose espérer que vous n’en déduisez pas que je pourrais être compromise dans cette affaire ! (Extrait Chapitre 12)

Posté par PRUSCIAT à 16:11 - Polar - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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