samedi 3 février 2007
Un côté un peu sauvage de prédatrice...
A la seule vision des longues mains de Paul, victime de sa nature généreuse, de ses envies trop longtemps réfreinées et de ses pulsions, Irène avait d’ailleurs très vite eu envie qu’il se passe quelque chose entre eux deux. Tout en attachant beaucoup d’importance aux mains des hommes, elle savait, au premier coup d’œil, reconnaître ceux avec lesquels elle pourrait vivre quelque chose de très fort et les autres, tous les autres. Ceux avec lesquels il ne se passerait jamais rien ou qu’elle prenait un plaisir non dissimulé à faire danser, pensant à tous ces vieux salauds, infâmes et pas ragoûtants, dont elle avait toujours eu énormément de mal à se débarrasser après leur avoir abandonné une soirée décevante. Trop de n’importe quoi n’est jamais suffisant ! se disait-elle souvent lorsque l’envie dépassait l’offre.
Avec Paul, tout avait été différent et elle avait quelque peu hâté leur rapprochement. En se livrant un matin à une prestation dont elle avait longtemps souri, jouant sur la seule séduction qu’elle savait mettre en œuvre lorsqu’un homme lui plaisait. Sans éprouver l’envie d’aller plus avant dans une opération de charme. Vêtue ce jour-là de façon un peu plus provocante que d’ordinaire et d’une mini robe sans doute un peu trop suggestive, elle avait tout de suite vu dans les yeux le désir de l’homme se manifester, sa glotte remonter dans la gorge. Et cela avait contribué à décupler l’envie qu’elle avait de lui après avoir cru ne pas être sensible à son charme. Plus âgé qu’elle, il est vrai qu’il s’était jusqu’ici beaucoup plus signalé à elle par ses maladresses que par un quelconque talent de séducteur. Il n’en avait pas fallu davantage pour qu’elle imagine ensuite à quoi ressemblerait leur première joute sensuelle. Il n’y manquait que l’occasion, celle qui les jetterait dans les bras l’un de l’autre. Lorsqu’il l’avait aidée à regagner son domicile quelques jours plus tard, après qu’elle ait simulé une réception hasardeuse en descendant maladroitement d’un bus, et qu’elle était à un moment donné soudée à lui dans la cage d’escalier de son domicile, le désir de l’homme s’était à nouveau manifesté rendant l’attente insupportable. Elle l’avait même attendu ce salaud, mais attendu, attendu… les tempes battantes, au bord de l’explosion, sentant à son tour l’impérieuse envie de s’abandonner vriller son ventre, prendre possession d’elle. A un point tel qu’elle avait dû ce soir-là se faire violence pour ne pas précipiter les choses ni lui sauter dessus...
Quand enfin il se décida quelques jours plus tard à jouer les risques-tout, elle se souvint qu’elle éprouva du plaisir dès le premier instant, les premiers attouchements, au terme de longues préliminaires insupportables de douceur, sentant la bouche de l’homme partout sur elle. Il avait une telle façon de la caresser du regard, d’être attentif et de deviner la moindre de ses attentes qu’elle s’était même demandée durant leur liaison s’il n’avait pas été une femme dans une autre vie. Tellement il savait se montrer précautionneux et d’une exquise douceur dans les caresses prodiguées, sachant s’enquérir de ce qui convenait le mieux au moment où il le fallait. Jamais encore jusqu’alors, elle n’avait vécu un tel tourbillon, vibré de la sorte ni autant attendu quelqu’un en elle. Comme s’il était arrivé mieux que quiconque à faire ressortir chez elle ce côté un peu sauvage de prédatrice, ce comportement d’animal blessé qu’elle se plaisait à dissimuler aux autres. En la touchant longtemps, lentement, partout. Avec ses mains, avec sa bouche. En provoquant en elle une véritable implosion, sans même qu’elle ait été touchée à l’endroit où elle avait pensé être touchée. Ce n’était plus seulement la marque d’une impatience, mais l’expression d’un sentiment de plénitude comme il en existe peu entre deux amants... Avec en permanence l’impression que son corps cherchait le sien pendant l’amour puis qu’il prenait soudain, tout en se dérobant, plaisir à le retrouver. Et c’est peu dire si elle aimait son odeur, et la façon dont il devenait conquérant, ni combien elle aimait l’entendre ahaner, penché sur elle, sa queue en elle. Combien elle aimait sa respiration s’accélérer lorsqu’ils allaient l’un et l’autre jusqu’au bout du désir, repoussant sans arrêt les limites du plaisir. (Extrait Chapitre 7)
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