Négations

Sur fond d'obsession, un polar qui se veut être un constat réellement noir des penchants de l'homme

lundi 19 février 2007

Une scène de crime parmi d'autres...

L’arme utilisée, un vulgaire couteau à découpe, avait, cette fois, été abandonnée sur place dans l’appartement de Londaud. Serait-il possible d’y relever une quelconque empreinte ? Le Commissaire Carrouet en doutait. C’était d’autant plus regrettable que l’occupant de l’endroit, ne pourrait pas, lui non plus, lui être d’une quelconque aide. A priori, et les premières constatations permettaient de l’établir, le tueur, sans doute un homme pour s’être servi d’une arme pareille et avoir causé de tels dégâts, avait agi à la va-vite. Il s’était également affairé près de son ordinateur… En passant mécaniquement une de ses mains munie d’un gant en latex derrière l’écran d’un PC situé à proximité de l’endroit où Paul Londaud semblait s’être affaissé, c’est ce que le commissaire en conclut. L’appareil était encore chaud comme s’il était longtemps resté sous tension. L’auteur de l’homicide avait-il voulu éloigner l’ordinateur du centre des débats en prenant la précaution d’éteindre celui-ci une fois son geste accompli ?... Les questions ne manquaient pas…

Les fois précédentes, le tueur avait donné le sentiment d’avoir fait l’amour avec ses victimes avant de les larder à l’aide d’une arme qui n’avait pas été retrouvée. Retrouverait-on ici aussi des traces de sperme ou s’agissait-il de quelque chose d’autre que d’une sombre histoire de fesses qui n’impliquerait pas obligatoirement la seule responsabilité d’une femme ? Ou bien s’agissait-il d’un règlement de comptes habilement mis en scène pour faire croire que l’affaire n’avait rien à voir avec un homicide à caractère sexuel alors que ç’en était une ?… Dès que les fonctionnaires de l’Identité Judiciaire auraient fini de passer au crible l’ensemble des éléments collectés, et mis soigneusement sous sachets tout ce qui était censé contenir éléments pileux et fibres, des surprises verraient le jour. C’était indéniable. Seulement, la tâche en serait d’autant plus compliquée que le corps de l’éditeur, pris en charge par l’équipe du SAMU dans l’entrée de l’immeuble, avait sûrement dû, au passage, s’agripper à maints et maints matériaux en tentant de gagner comme il le pouvait le rez-de-chaussée, rendant l’examen plus aléatoire encore.

Pendant qu’un rayon lumineux balisait soigneusement le sol et en attendant que d’autres éventuels indices soient localisés, le commissaire fit signe à l’un des techniciens d’investigation criminelle du Laboratoire de Police Scientifique et demanda à ce qu’on emporte aussi le PC. Si la victime n’avait pas le temps de parler, il serait toujours tant d’examiner attentivement ce que le disque dur de la bête recelait. Parvenir à reconstituer la vie de la victime pour arriver à l’assassin, Carrouet y était habitué. Encore qu’ici, la partie serait bien plus difficile que d’ordinaire et qu’il faudrait faire preuve de bien plus de discernement qu’aux endroits où on avait retrouvé les trois autres corps à Bressoire. (Extrait chapitre 5)

Posté par PRUSCIAT à 15:35 - Polar - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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