vendredi 2 mars 2007
Autour de la schizophrénie...
Un tueur suspecté d'avoir commis plusieurs homicides, peut-il être un sérial killer et un psychopathe dont les pulsions sont telles qu'il n'éprouve aucun affect particulier quand il tue ? Dans Négations, les questions que vont se poser le Juge Prédaud et les enquêteurs sont nombreuses. Elles vont même tourner autour de l'univers de la schizophrénie... alors qu'on semblait se diriger vers une série d'homicides n'obéissant qu'à des motivations purement matérielles et à une lutte pour le pouvoir !
Serait-il possible qu'un homme jouissant d'un rang social élevé voire d'un certain standing ait pu se rendre coupable de la série de meurtres commis à Bressoire ?... On le sait, rien n'est aujourd'hui surprenant ! Pas même le fait que le tueur puisse appartenir à une famille aisée... Et pas davantage celui qu'il ne ressente rien lorsqu'il ôte la vie ! Comme on le dit dans certains pays lorsqu'on a à apprécier le degré de responsabilité d'un criminel au moment où il tue, était-il au moment de l'acte, en mesure d'entendre et de vouloir ? Entendre au sens de comprendre ce qu'il faisait, et vouloir au sens d'être désireux de commettre un tel acte ?
Un vaste débat qui mêle ici stratégie d'image et dérèglements psychologiques...
lundi 19 février 2007
Une scène de crime parmi d'autres...
L’arme utilisée, un vulgaire couteau à découpe, avait, cette fois, été abandonnée sur place dans l’appartement de Londaud. Serait-il possible d’y relever une quelconque empreinte ? Le Commissaire Carrouet en doutait. C’était d’autant plus regrettable que l’occupant de l’endroit, ne pourrait pas, lui non plus, lui être d’une quelconque aide. A priori, et les premières constatations permettaient de l’établir, le tueur, sans doute un homme pour s’être servi d’une arme pareille et avoir causé de tels dégâts, avait agi à la va-vite. Il s’était également affairé près de son ordinateur… En passant mécaniquement une de ses mains munie d’un gant en latex derrière l’écran d’un PC situé à proximité de l’endroit où Paul Londaud semblait s’être affaissé, c’est ce que le commissaire en conclut. L’appareil était encore chaud comme s’il était longtemps resté sous tension. L’auteur de l’homicide avait-il voulu éloigner l’ordinateur du centre des débats en prenant la précaution d’éteindre celui-ci une fois son geste accompli ?... Les questions ne manquaient pas…
Les fois précédentes, le tueur avait donné le sentiment d’avoir fait l’amour avec ses victimes avant de les larder à l’aide d’une arme qui n’avait pas été retrouvée. Retrouverait-on ici aussi des traces de sperme ou s’agissait-il de quelque chose d’autre que d’une sombre histoire de fesses qui n’impliquerait pas obligatoirement la seule responsabilité d’une femme ? Ou bien s’agissait-il d’un règlement de comptes habilement mis en scène pour faire croire que l’affaire n’avait rien à voir avec un homicide à caractère sexuel alors que ç’en était une ?… Dès que les fonctionnaires de l’Identité Judiciaire auraient fini de passer au crible l’ensemble des éléments collectés, et mis soigneusement sous sachets tout ce qui était censé contenir éléments pileux et fibres, des surprises verraient le jour. C’était indéniable. Seulement, la tâche en serait d’autant plus compliquée que le corps de l’éditeur, pris en charge par l’équipe du SAMU dans l’entrée de l’immeuble, avait sûrement dû, au passage, s’agripper à maints et maints matériaux en tentant de gagner comme il le pouvait le rez-de-chaussée, rendant l’examen plus aléatoire encore.
Pendant qu’un rayon lumineux balisait soigneusement le sol et en attendant que d’autres éventuels indices soient localisés, le commissaire fit signe à l’un des techniciens d’investigation criminelle du Laboratoire de Police Scientifique et demanda à ce qu’on emporte aussi le PC. Si la victime n’avait pas le temps de parler, il serait toujours tant d’examiner attentivement ce que le disque dur de la bête recelait. Parvenir à reconstituer la vie de la victime pour arriver à l’assassin, Carrouet y était habitué. Encore qu’ici, la partie serait bien plus difficile que d’ordinaire et qu’il faudrait faire preuve de bien plus de discernement qu’aux endroits où on avait retrouvé les trois autres corps à Bressoire. (Extrait chapitre 5)
samedi 3 février 2007
Un côté un peu sauvage de prédatrice...
A la seule vision des longues mains de Paul, victime de sa nature généreuse, de ses envies trop longtemps réfreinées et de ses pulsions, Irène avait d’ailleurs très vite eu envie qu’il se passe quelque chose entre eux deux. Tout en attachant beaucoup d’importance aux mains des hommes, elle savait, au premier coup d’œil, reconnaître ceux avec lesquels elle pourrait vivre quelque chose de très fort et les autres, tous les autres. Ceux avec lesquels il ne se passerait jamais rien ou qu’elle prenait un plaisir non dissimulé à faire danser, pensant à tous ces vieux salauds, infâmes et pas ragoûtants, dont elle avait toujours eu énormément de mal à se débarrasser après leur avoir abandonné une soirée décevante. Trop de n’importe quoi n’est jamais suffisant ! se disait-elle souvent lorsque l’envie dépassait l’offre.
Avec Paul, tout avait été différent et elle avait quelque peu hâté leur rapprochement. En se livrant un matin à une prestation dont elle avait longtemps souri, jouant sur la seule séduction qu’elle savait mettre en œuvre lorsqu’un homme lui plaisait. Sans éprouver l’envie d’aller plus avant dans une opération de charme. Vêtue ce jour-là de façon un peu plus provocante que d’ordinaire et d’une mini robe sans doute un peu trop suggestive, elle avait tout de suite vu dans les yeux le désir de l’homme se manifester, sa glotte remonter dans la gorge. Et cela avait contribué à décupler l’envie qu’elle avait de lui après avoir cru ne pas être sensible à son charme. Plus âgé qu’elle, il est vrai qu’il s’était jusqu’ici beaucoup plus signalé à elle par ses maladresses que par un quelconque talent de séducteur. Il n’en avait pas fallu davantage pour qu’elle imagine ensuite à quoi ressemblerait leur première joute sensuelle. Il n’y manquait que l’occasion, celle qui les jetterait dans les bras l’un de l’autre. Lorsqu’il l’avait aidée à regagner son domicile quelques jours plus tard, après qu’elle ait simulé une réception hasardeuse en descendant maladroitement d’un bus, et qu’elle était à un moment donné soudée à lui dans la cage d’escalier de son domicile, le désir de l’homme s’était à nouveau manifesté rendant l’attente insupportable. Elle l’avait même attendu ce salaud, mais attendu, attendu… les tempes battantes, au bord de l’explosion, sentant à son tour l’impérieuse envie de s’abandonner vriller son ventre, prendre possession d’elle. A un point tel qu’elle avait dû ce soir-là se faire violence pour ne pas précipiter les choses ni lui sauter dessus...
Quand enfin il se décida quelques jours plus tard à jouer les risques-tout, elle se souvint qu’elle éprouva du plaisir dès le premier instant, les premiers attouchements, au terme de longues préliminaires insupportables de douceur, sentant la bouche de l’homme partout sur elle. Il avait une telle façon de la caresser du regard, d’être attentif et de deviner la moindre de ses attentes qu’elle s’était même demandée durant leur liaison s’il n’avait pas été une femme dans une autre vie. Tellement il savait se montrer précautionneux et d’une exquise douceur dans les caresses prodiguées, sachant s’enquérir de ce qui convenait le mieux au moment où il le fallait. Jamais encore jusqu’alors, elle n’avait vécu un tel tourbillon, vibré de la sorte ni autant attendu quelqu’un en elle. Comme s’il était arrivé mieux que quiconque à faire ressortir chez elle ce côté un peu sauvage de prédatrice, ce comportement d’animal blessé qu’elle se plaisait à dissimuler aux autres. En la touchant longtemps, lentement, partout. Avec ses mains, avec sa bouche. En provoquant en elle une véritable implosion, sans même qu’elle ait été touchée à l’endroit où elle avait pensé être touchée. Ce n’était plus seulement la marque d’une impatience, mais l’expression d’un sentiment de plénitude comme il en existe peu entre deux amants... Avec en permanence l’impression que son corps cherchait le sien pendant l’amour puis qu’il prenait soudain, tout en se dérobant, plaisir à le retrouver. Et c’est peu dire si elle aimait son odeur, et la façon dont il devenait conquérant, ni combien elle aimait l’entendre ahaner, penché sur elle, sa queue en elle. Combien elle aimait sa respiration s’accélérer lorsqu’ils allaient l’un et l’autre jusqu’au bout du désir, repoussant sans arrêt les limites du plaisir. (Extrait Chapitre 7)
samedi 20 janvier 2007
Par élimination directe...
Le meurtre de Paul Londaud, commis un vendredi soir à un peu plus de vingt-trois heures, est sans doute la mort de trop. Il faut dire qu'on s'est mis à beaucoup tuer dans cette localité réputée pour sa douceur de vivre. Et cela au moment même où se prépare le lancement de la nouvelle télé réalité dont tout le monde parle en ville : la Stargest. Survenant après les réactions épidermiques de jeunes paumés en vase clos, la résistance d'aventuriers sous les tropiques et l'apprentissage difficile d'artistes promis à des lendemains qui chantent, les apôtres de la télé réalité ont cette fois-ci choisi d'élargir singulièrement la palette en donnant la parole à de jeunes pousses entrepreneuriales ! Un challenge difficilement acceptable au seul plan de l'éthique puisque sur les six entreprises candidates à une reconnaissance médiatique, une seule devra survivre !
S'il est impossible aux enquêteurs, du moins dans un premier temps, de rattacher la disparition de Londaud aux autres homicides commis les jours précédents à Bressoire, il y a tout de même cette fois-ci des éléments qui plaident en faveur d'une vengeance personnelle dont l'éditeur aurait pu faire les frais. Le fait, par exemple, que l'on se soit affairé près de l'ordinateur de l'ancien Gérant de Priméditions après l'avoir tué, comme si le tueur avait souhaité mettre la main sur une donnée ou en effacer une. Le fait aussi que Londaud avait proféré quelques jours auparavant des menaces verbales à l'encontre de Laurent Daunat à l'issue d'un conseil d'administration particulièrement houleux ! Que s'est-il réellement passé au moment du lancement de cette nouvelle télé réalité ? Que savait exactement Paul Londaud à propos de la Stargest et que projetait-il de révéler qui aurait pu constituer un danger pour l'auteur du forfait ?
dimanche 14 janvier 2007
Les convictions du juge Prédaud...
Romain Prédaud en a été convaincu dès qu'il a été en possession des premiers éléments de l'enquête, le célèbre décideur bressoirien Laurent Daunat n'est pas étranger à ce qui s'est passé boulevard Carnot au domicile de l'éditeur Paul Londaud. Le juge a longtemps considéré et il considère toujours l'homme comme un bricoleur de génie, quelqu'un capable d'user de son influence et de son charisme pour faire parler de lui, emporter un marché ou prendre le contrôle d'une affaire. Il sait aussi que c'est un désosseur patenté, quelqu'un susceptible de faire peu de cas des autres. Pire, un trou du cul capable de créer de la rancoeur autour de lui et de se servir adroitement de tout l'arsenal de procédures existant pour se défausser de ses responsabilités. Devenu l'un des représentants du MEDEF dans la région, Daunat a-t-il choisi de faire taire définitivement son ami d'enfance ? C'est toute la question. A l'évidence, le dossier compromettant que s'apprêtait à médiatiser Paul Londaud sur ce qui se tramait autour du lancement de la Stargest, la dernière télé-réalité produite par Endemol France, avait de quoi compromettre gravement le projet...
jeudi 28 décembre 2006
La belle Irène est prête à tout...
Irène Debrun s’était agitée sur son fauteuil, révélant au Juge des dessous vertigineux qui lui seyaient à ravir et, cette fois-ci, l’amorce de l’attache d’un porte-jaretelles décidé à ne rien rater de leur entrevue. Romain Prédaud desserra le nœud de sa cravate et, tout en déboutonnant le col de sa chemise, se donna un peu d’air. Il avait vu juste : c’était une garce, une garce redoutable, mais une très belle garce. L’une de ces garces pour lesquelles les hommes feraient n’importe quoi. Une garce que n’importe quel mâle aurait pu avoir envie de peloter et de sauter. Séance tenante. Il aurait d’ailleurs fallu être un surhomme pour ne pas succomber à un tel piège de charme. Et elle n’en était pas dupe. Le magistrat détailla une fois encore son corps, ses hanches provocantes, s’attardant sur des cuisses fermes qu’elle avait décidé de montrer à la terre entière. Elle était magnifique et il l’imagina offerte dans le plus simple appareil. Cela le fit bander et en aurait fait bander quelques autres. Heureusement qu’il s’était épargné une confrontation de la belle Irène avec son délateur, le beau Mario Campobassa ! Il y aurait eu le feu au cabinet ! Un nouveau sourire apparut sur le visage de son interlocutrice, celui d’un ange prit en faute, qui troubla une fois de plus Romain Prédaud soucieux d’endiguer une offensive, celle d’une femme à présent plus sûre de ses atouts et de son bon droit et prête, semble-t-il, à tout pour entortiller les enquêteurs et le magistrat qu’il avait pu jusqu’alors rester. Putain de métier, jura-t-il intérieurement.
— Si vous voulez bien Madame, revenons à l’enquête et aux nombreuses questions que je me pose encore au sujet des uns et des autres... Pourrais-je vous demander s’il vous arrive parfois de porter personnellement une perruque ?
Irène se figea quelque peu à l’énoncé de la question. Où voulait en venir le magistrat et quel rapport cela pouvait-il avoir avec le fait d’avoir refusé d’identifier un corps ?
— Une perruque ? Mais oui bien sûr Monsieur le Juge, bafouilla-t-elle étonnée de la demande. Il m’est arrivée d’en porter. Encore que je ne vois pas en quoi cela pourrait être ici intéressant.
— Ca l’est intéressant, Madame, ça l’est… Croyez-moi ! Cela expliquerait même qu’on ait retrouvé au domicile de la victime ce qui a pu être identifié comme pouvant provenir d’un substitut capillaire. Eh oui, que voulez-vous, aujourd’hui nous avons effectivement des moyens avec tous les fichiers dont disposent les enquêteurs, tant la Police que les services de Gendarmerie. Ils nous permettent de procéder à des relevés d’indices particulièrement fiables ce qui nous aide considérablement dans les enquêtes que nous sommes amenés à mener afin de pouvoir appréhender les individus suspectés. Même s’il m’arrive de pester contre le manque de rapidité qui nous est parfois préjudiciable lorsqu’il s’agit de se livrer à des définitions d’ADN et d’en garnir nos fichiers pour pallier toute récidive.
— Remarquez il n’y aurait rien d’étonnant à ce que vous ayez retrouvé une trace de mon passage, rétorqua la jeune femme plus nerveusement. Je vivais encore avec Paul, enfin je veux dire avec Monsieur Londaud, il y a un peu plus d’un mois boulevard Carnot. J’ose espérer que vous n’en déduisez pas que je pourrais être compromise dans cette affaire ! (Extrait Chapitre 12)
dimanche 24 décembre 2006
Un lien très fort avec l'ancien responsable de Priméditions...
Irène Debrun a aimé Paul. Passionnément ! A la déraison. Peut-être aussi parce qu'elle était enfin face à un homme comme elle n'en n'avait jamais rencontré auparavant. Un seul homme jusqu'ici lui avait donné du plaisir et elle avait trouvé ça révoltant se jurant que l'on ne l'y reprendrait pas. Son arrivée à Bressoire au sein de l'Agence Médicale du tout puissant Docteur Scali aurait pourtant pu faire d'elle la femme épanouie qu'elle refusait d'être... Seulement...
Toutes les petitesses vécues alors la laissaient de marbre et elle n'avait plus envie d'échapper, ni aux regards circulaires des hommes, ni à leurs nombreuses réflexions chargées de sous-entendus. La trouvaitent-ils à leur goût ? Certainement et c'est pourquoi Irène s'évertuait à les provoquer, parfois outrageusement, en attisant leur désir avec un détachement de circonstance, pensant que cette attitude les désarçonnerait. Et, effectivement, celle-ci les désarçonnait. Complètement. Même si, de temps à autre, elle donnait l'impression à certains d'entre eux, plus déterminés que tous les autres, d'être réceptive à leurs envies et de pouvoir, un jour, figurer en bonne place parmi leurs petits coups de canif d'un soir. Mais toutes ces petites banderilles la laissaient cependant de marbre, car elle avait fini par s'habituer au fait que la plupart des mâles qu'elle supportait, au travail comme au dehors, n'auraient jamais, comme la grande majorité des hommes, qu'une bite à la place du cerveau. (Extrait chapitre 7)
mercredi 20 décembre 2006
Irène, l'obsession faite femme...
Les minutes s’égrenèrent... Comme d’autres l’avaient été, la soirée que vivait Paul promettait d’être longue, longue, trop longue, bien trop longue...
De plus en plus désemparé, tourmenté et inquiet, un souvenir chassant l’autre, il repensa à Irène, l’obsession faite femme. L’idée qu’ils aient pu ainsi s’affronter à propos de cette histoire et de ce qu’elle avait voulu lui confier, lui était toujours autant insupportable. Après plusieurs semaines passées loin de lui et de tout ce qui les avait unis, elle s’était soudain rappelée à son souvenir en lui adressant un mail que, curieusement, rien ne motivait. Ni l’envie de brusquement le revoir — même si elle était partie sur un coup de tête répondant à une invite de ce trou-du-cul de Laurent — ni celle, sûrement, d’évoquer une fois de plus leur divergence. Mais bon sang, comment avait-elle pu croire que ses sentiments pour elle avaient changé à ce point et qu’il en aimait une autre ?
Il en convenait cependant avec beaucoup de regrets, Irène était une femme difficile à oublier. Comment, du reste, aurait-il pu oublier ce qui leur permettait à l’un comme à l’autre de relativiser toutes les vacheries vécues alors ? Elle était tellement ardente. Tellement ardente et tellement tout. Secrète aussi, difficile à déchiffrer et à comprendre. Combien de fois s’était-il demandé si elle ne portait pas en elle le poids de quelque difficulté à exorciser expliquant ces sautes d’humeur et parfois les nombreux cauchemars qui la laissaient pantelante et en sueur au beau milieu de la nuit ? Combien de fois y en avait-il eu dont il avait été le témoin. Surtout les derniers temps avant qu’elle lui révèle ce qui la tourmentait… et qu’il réagisse. Mal. Car, il l’admettait à présent, il avait mal réagi.
Eprouvant l’envie de revenir sur leur rencontre, il se versa une deuxième rasade de whisky. Un soudain sursaut l’amena à attribuer les mérites de celui-ci à son breuvage. Aurait-il possédé des vertus trop souvent ignorées ? Malgré tout ce qu’il venait de subir, il revit la ligne, l’élancement de la silhouette, ainsi que la chute callipyge de reins de son ancienne maîtresse, regrettant leur querelle et son départ. Un départ que cette autre femme à l’origine de leur brouille et vue épisodiquement ne parvenait pas à remplacer.
Il sentit soudain une érection. Rien qu’en repensant à elle, rien qu’en revoyant son arrière-train et ses tenues suggestives qui le mettaient en valeur il bandait. C’est simple, dès qu’il l’avait vue ce matin-là, il avait eu envie d’elle et envie. Envie à en perdre la raison. Un cul, mais un cul !… Elle aurait allumé des incendies dans une piscine ! Et à l’évidence, il la désirait toujours autant. Au point de ne pouvoir s’empêcher de revoir le film de ce qu’avaient été les premiers instants de leur rencontre... Avant de sortir de son existence après avoir tenté de s’épancher d’un lourd secret, il aimait à se souvenir de quelle façon surprenante elle y était entrée. Un beau jour, à l’arrêt d’un bus, alors qu’il vaquait à d’autres occupations sans y trouver le piment recherché... (Extrait de l'ouvrage. Chapitre 4)
samedi 9 décembre 2006
Réflexions d'auteur de polar...
J'ai toujours été sidéré par le profil psychologique des coupables d'actes répréhensibles, alors que rien pourtant n'aurait laissé supposer qu'ils puissent être capables, un jour, d'en arriver à commettre l'irréparable. Pris dans une gigantesque mise en scène, une gigantesque tromperie où l'homme sait de moins en moins, aujourd'hui, qui il est réellement et ce dont il peut être capable lorsque les événements s'y prêtent ou l'y conduisent, il y a dans l'observation attentive d'agissements souvent en complète inadéquation avec le profil déclaré de leurs auteurs, de quoi interpeller. Il était fasciné... entend-on souvent dire à propos d'un tueur ! Ou, il a agi sous l'emprise de... Mais combien sont-ils ainsi à avoir attenté à la vie d'autrui parce qu'ils portaient en eux un germe, mauvais hélas, héritage d'une éducation mal assumée ?
Dans Négations, ce sont les agissements de responsables qui sont montrés du doigt. Ceux d'une petite ville de Province où jamais rien n'avait jusqu'alors transpiré. Parce que là aussi, de petits écarts on en arrive très vite à commettre des actes qui ne grandissent pas l'espèce humaine. L'un des observateurs attentifs de nos travers le concédait dans un ouvrage consacré à ces perversions ("Les manipulateurs sont parmi nous"), il y a visiblement de plus en plus d'errements dans notre société. Et puis, que n'est-on pas prêt à faire pour conserver aux yeux des autres cette part de notoriété sans laquelle aucun individu ni aucune structure ne peut plus de nos jours fonctionner ?
vendredi 1 décembre 2006
Faire du fric à tout prix...
... Laurent Daunat en a l'habitude. Issu d'une famille où l'on a toujours eu le sens des affaires, fils unique, il n'était pourtant pas, au départ, destiné à succéder à sa mère à la tête du groupe Daunat. Et puis d'ailleurs, qui aurait pu succéder à un personnage tel que Louise Daunat, une femme acariâtre, autoritaire, à laquelle il était difficile de refuser quoi que ce soit ? Il est certain qu'avant de devenir l'être inflexible qu'il est, Laurent n'a pas eu la vie facile et que sa fascination pour elle n'a rien arrangé. Cela justifie-t-il cet appétit du pouvoir, cette envie de dominer l'autre ?... Mais que sait-on au juste à propos de Laurent Daunat et du leader incontournable qu'il est devenu dans le monde de la communication ? Que cache-t-il aux yeux des autres et de ceux qu'il manipule ?...